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JEAN LUC GUIONNET (FRANCIA) SAXO SOLO: 2 NOVIEMBRE 2018

Jean Luc Guionnet es un saxofonista y organista Francés de música improvisada y free jazz. Artista activo en diversos campos (música, cine, artes visuales), Guionnet realizó estudios científicos antes de incursionar en las artes plásticas. Estudió música concreta con Iannis Xenakis y Michel Zbar, y estudios de filosofía (estética) con Geneviève Clancy. La música de Guionnet como él mismo la define es “una forma para ensayar la realidad”. Sus intereses conceptuales transitan por: el instrumento considerado como un autómata, el álgebra de la escucha, el grosor del aire y el sonido como firma del espacio. Cada una de sus piezas son un ensayo de la realidad, un intento de hacer relaciones o entender los espacios, tanto para él –que lo ejecuta– como para quien lo escucha.

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Saxophone manuscrit :

note sur “l’épaisseur de l’air” — (solo de saxophone)
et sur la pratique de cet instrument plus généralement

Et en guise d’ouverture, un témoignage : tentative de description par Seymour Wright (saxophoniste alto de Londres), d’un son qu’il aurait un jour joué et qui ressemblerait à un de ceux qu’il m’a entendu faire à plusieurs reprises.


Ce son est dur à décrire. Un son court, fort et complexe. C’était quelque chose comme : partir autour du ré medium (+ quelque cri) puis plonger dans la clef du sib grave (avec harmoniques) mais avec la voix qui glisse inversement vers l’aigu en traversant l’instrument ; en même temps finir sur une lévre inférieure relâchée (mais pas sans pression) raclant l’anche au travers du son : maintenant plus que la main gauche sur un sib ou un la (ou alors seulement les pouces).

La partie grave du son rappelle Ornette Coleman mais seulement Circa Automn 1965, la partie raclure/canard procède à la façon de Steve Lacy (mais pas le son).

Je t’ai vu le faire plusieurs fois à Oto, avec The Ames Room.

” Seymour Wright

Le saxophone alto … :

– … a besoin d’un corps pour sonner, ou d’une autre machine qui souffle, avec lèvres, dents, langue, doigts, diaphragme, … ou assimilé.

– lui trouver des régimes instables en pliant mon geste outre les sons : le résultat, c’est ce qui reste.

– penser qu’avec lui, mon petit doigt est au moins aussi important que mes plantes au sol et beaucoup plus que mes yeux (ceux-là ne me servent alors que peu ou pas).

– voir en forme de chant, le labyrinthe en lui, de la colonne d’air serpentant les problèmes que lui pose un faux doigté.

– … le prendre en termes d’outil : une machine (me regardant par tout ce et ceux qui l’ont rendu possible).

– … et éprouver une alliance avec elle, cette machine.

– … faire cette alliance en musique comme on dit qu’une porte est en bois.

– tenter de contredire les trompettes, ou alors n’en emboucher aucune.

– s’engager dans le pas de ceux qui l’ont joué et les trahir pour que se force et que m’éprouve une fidélité.

– colonne d’air / lignes d’erre pour dire l’errance assistée par de l’humain d’une machine dont les vides fonctionnent.

– prendre le tube et le pavillon en amplificateur du tracé et du détail nécessairement uniques de ces lignes.

– et que la virtuosité soit une vilenie auprès de ce jeu que le ludique méprise, et en pis si la chute.

– lui faire porter le chapeau, à lui l’instrument, pour libérer d’autant, les penchants de l’oreille, de leur dictats.

– il a été inventé.

– lui inventer une musique en retour.

– toujours se rappeler que quand il chute, sa chute n’a pas le son dit d’un saxophone. S’il vient à tomber, il fait le son sourd d’une tôle ductile, ou d’une mauvaise quincaillerie : son corps n’est pas sonore — en quoi il est une machine.

– virtuellement, voir en le jouant les 3 dimensions des métamorphoses de la colonne d’air, sous l’influence de l’action.

– un régime instable une fois saisi, l’entretenir en allant à la vague : lignes d’écume à débroussailler à la main, des 10 doigts, au souffle, aux dents, et à la langue (l’organe) : ligne de crêtes à suivre.

– par qui sonne quoi ? au travers de quoi sonne qui ? personne/per-sonare ou ce masque qui porte à ma place une voix qui ne m’appartient pas … ni à lui.